Mon parcour
Dix ans de silence pour une sculpture du sacré
Hacène Sadoune est un sculpteur dont le parcours singulier allie une maîtrise technique et une quête spirituelle radicale. Graveur de formation, puis pendant quatre ans auprès du Maître d’art du moulage Michel Lorenzi, il affine ensuite son approche de la sculpture avec Michel Lévy. Il intègre avec succès le circuit de l’art contemporain, mais le quitte délibérément pour une retraite de dix ans, consacrée à un seul projet : approcher par la sculpture le mystère de Jésus.
Le parcours : d’une reconnaissance à une prise de conscience
Après une formation académique rigoureuse, Sadoune se fait remarquer dans le monde de l’art contemporain. Ses œuvres sont exposées, ses pièces collectionnées. Pourtant, un sentiment grandit en lui : celui d’un vide abyssal, spirituel, au sein des discours et des pratiques qui l’entourent. Il fait le constat d’une déconnexion profonde entre les enjeux de l’art de son temps et les questions de sens qui l’habitent.
La rupture et le retrait créateur
Il y a dix ans, il prend une décision forte : il cesse toute exposition et se retire dans son atelier. Cette période de silence et de solitude n’est pas un renoncement, mais une ascèse artistique et spirituelle. Elle lui est nécessaire pour déconstruire un langage et en forger un nouveau, capable de porter le poids de son sujet.
L’œuvre : une recherche autour du mystère incarné
L’objet de cette décennie de travail est la figure de Jésus, envisagée non comme une icône religieuse conventionnelle, mais comme le mystère central de l’humanité. Sadoune cherche à traduire dans la matière — la terre, la pierre, le bronze — les paradoxes de l’incarnation, de la souffrance et de la transcendance. Son travail, épuré et intense, est le fruit d’une lente méditation où le geste du sculpteur dialogue avec une réflexion théologique et philosophique.
Citation de l’artiste :
« J’ai dû quitter le bruit du monde pour entendre la question qui m’habitait. Ces dix années n’ont pas été un simple silence, mais un immense dialogue. Un dialogue avec le Fils de l’Homme, engagé à travers la lecture de centaines d’ouvrages — théologie, histoire, philosophie. Chaque livre était un pas de plus pour approcher Son mystère. Dans l’atelier, je n’ai plus cherché à représenter, mais à rencontrer. Sculpter est devenu l’aboutissement de ce face-à-face, la tentative de rendre palpable, dans la matière, l’impalpable présence découverte dans ces pages et dans cette prière. »
