JESUSTREET
LACRIMAE CHRISTI
C’est une silhouette mutilée par nos propres guerres. Comme si les bras du Christ avaient été emportés par l’explosion de nos bombes, déchirés par l’absurdité de nos conflits. Il porte sur son corps les stigmates non seulement de la Crucifixion, mais de toutes les crucifixions que l’humanité s’inflige à elle-même. Cette absence de bras nous renvoie violemment à notre propre responsabilité. Le Christ n’a pas de bras ? C’est parce que nous avons refusé d’être ses bras ?. Chaque guerre, chaque atrocité est le signe que l’humanité, collectivement, a choisi de ne pas incarner la compassion active qu’il incarnait. Il devient alors le témoin souffrant de notre échec moral, une statue-mémoire de toutes les horreurs commises en opposition totale à son message.
ARAMAEA ILLUMINATIONIS
Déclaration des droits de l'homme en Araméen
Cette Oeuvre n’est plus seulement icône — elle est manifeste.Elle proclame, dans le silence éloquent de l’art.
Que le corps du Christ est aussi le corps de l’Humanité entière, Que ses plaies sont nos blessures, ses bras ouverts, notre fraternité promise.
Et que les droits de l’homme ne sont point un simple parchemin, mais l’évangile séculier écrit sur la peau même du sacré
SPIRITUS VITAE
Du bleu premier à jaillit la chair; des symboles tracés l'esprit s'est élevé.
Du bleu premier a jailli la chair, des symboles tracés, l’esprit s’est élevé.
Sur un fond bleu profond évoquant le cosmos ou l’océan primordial, un Christ aux bras ouverts se dessine. Son corps est le support non de langues humaines, mais de textes magiques et de symboles anciens, représentant le « souffle de la vie » la force vitale et créatrice à l’origine de toute chose. La posture d’accueil et d’offrande transforme la figure en interface entre le visible et l’invisible, entre la forme et l’énergie qui l’anime.
ERUPTIO UNIVERSALIS
La parole incarnée: codex Mundi
Inscrire toutes les écritures existantes à son époque(Grec, Latin, Hébreu, Araméen,Syriaque, Paléo-hébreu,)sur son corps est un geste capital.
Le Christ comme « Parchemin Universel » : Il devient le support vivant de toute parole humaine. Sa chair n’est plus unie, mais tissée de langues, de cultures, de systèmes de pensée.C’est l’incarnation du Logos qui absorbe et transcende tous les discours humains.
Une Enveloppe de Connaissance : Ces écritures forment une seconde peau, une peau de savoir et d’histoire. Mais ici, le parchemin n’est plus extérieur :c’est sa propre peau. Il est le livre sacré.
L’Universalité du Message : Le salut n’est pas enfermé dans une seule langue ou culture. Il est offert à travers et à tous les systèmes d’écriture, donc à toutes les civilisations.Le Christ est présenté comme la clé de lecture de toutes les quêtes de sens humaines.
UBERTAS VITAE
RICHESSE ET ABONDANCE DE LA VIE
C’est la parole humaine devenue palpitation, un alphabet organique et sauvage. Chaque lettre est une cellule, chaque couleur un pouls.
C’est la vie dans son état brut : non pas le chaos, mais la somme de tous les récits possibles, entremêlés, vivants.
La blancheur ici n’est pas absence. C’est réceptacle. C’est silence actif. C’est la page avant le mot, la pellicule avant la lumière.
Le Christ blanc devient le point de focalisation à partir duquel tout le vacarme coloré peut être contemplé, entendu, peut-être même réconcilié.
L’œuvre n’est pas un conflit. C’est une coexistence vibrante, presque musicale. Le blanc et la couleur. L’unité et la multitude.
Le silence sacré et le bruit sacré de la vie.
EX LIBRIS ENOCH
Le marcheur de l'invisible vers l'Eternel
le Verbe s’écrit toujours sur une peau vivante, et cette peau, dans l’Histoire, a été ouverte. Le Christ découpé rejoint l’agneau immolé ; les écrits d’Hénoch, gravés comme des cris, font de la carcasse une page, et de la page, un autel. Entre psaume et abattoir, entre apocalypse et tendresse de l’Écriture, la sculpture suspend le regard sur ce point exact où la violence du sacrifice touche au silence de Dieu — et où la peau, une dernière fois, se fait témoin.
DERELICTIO
Le voile déchiré
· La Couleur Orange c’est une couleur de feu, de transformation et d’ascèse. Elle se situe entre le rouge de la passion/chair et le jaune de l’esprit/lumière. C’est la couleur de la terre cuite, de la glaise chauffée, des déserts et de la flamme purificatrice. Elle suggère une épreuve,
une alchimie, une intensification. Ce n’est plus un buste qui s’arrête à la poitrine, mais qui inclut le centre vital,
le nombril, symbole de la naissance, de l’origine charnelle et du lien à la terre-mère. L’incarnation est montrée dans sa dimension viscérale et organique. La Couleur Marron Très Foncé : C’est la couleur de la terre humide, de l’humus (dont étymologiquement vient « l’humilité » et « l’humain »). C’est la couleur la plus éloignée de la lumière blanche du premier cadre. C’est le pigment de la chair pétrie de poussière, de la mortalité absolue. Le marron foncé peut évoquer le bois antique, la relique desséchée, ou une statue de terre cuite brute. La figure est clairement identifiée, mais dans sa manifestation la plus terrestre, humiliée, et peut-être souffrante. C’est le Christ totalement plongé dans la condition humaine, jusqu’à sa
matérialité la plus sombre.
LE GLAIVE LIBERATEUR
Le verbe qui sépare
Jésus annonce : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. » Ce glaive n’est pas une arme de guerre, mais l’instrument acéré de la vérité. Il tranche les attaches aveugles, les fidélités toxiques, les prisons du sang. Il sépare pour mieux réunir : non dans la soumission tribale, mais dans une fraternité choisie et libre en exigeant de placer l’éthique au-dessus des liens du clan, ce verbe dérangeant désarme la violence héréditaire.
Il arrache l’individu au destin collectif pour l’inviter à naître à lui-même, responsable devant sa conscience.
Le Christ brandit ici le fer de la libération ultime : celui qui coupe le cordon de la tribu pour que l’homme, enfin debout, puisse marcher vers l’autre
non plus en ennemi ou en rival, mais en frère. Ce glaive n’est pas destruction, mais chirurgie salvatrice. Il ouvre la voie à une paix qui ne soit plus
celle du silence des opprimés, mais celle de la réconciliation des égaux.
PERSECUTIO
Le silence des martyrs
Ils te crucifient toujours. Aujourd’hui, en pleine lumière, dans les déserts brûlants, dans les églises de boue, sous les cieux indifférents. Ils crucifient tes fils, tes filles, ceux qui portent ton nom comme une blessure ouverte. Et pourtant, la croix n’est pas ton tombeau. Elle est le mât du navire humain en perdition et ta tête est la vigie qui voit plus loin que la mort. Nous naviguons dans une mer rouge. Mais tu fixes l’horizon et ton silence crie plus fort que toutes leurs armes : « N’ayez pas peur. Je suis avec vous, jusqu’à la fin du monde. Même surtout sur cette croix. »
L'ATELIER
